Petit bénéfice pour l'Etat de Fribourg

Les comptes 2024 de l’Etat de Fribourg affichent un solde positif d'un million de francs. Dans un contexte financier délicat, l'excédent a été obtenu via des prélèvements sur provisions, dont la BNS, et une progression de certains revenus et recettes fiscales.

Jean-Pierre Siggen doit bientôt présenter un programme d'assainissement pour "conserver la maîtrise des finances cantonales et être en mesure d’assumer les défis majeurs des années à venir" (archives). © KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Les comptes 2024 de l’Etat de Fribourg affichent un solde positif d'un million de francs, conforme au budget. Dans un contexte financier délicat, l'excédent a été obtenu via des prélèvements sur provisions et une progression de certains revenus et recettes fiscales.

La copie, avec des revenus et charges de l'ordre de 4,34 milliards, a été présentée mercredi par le grand argentier Jean-Pierre Siggen. L'exécutif a réussi à équilibrer l'exercice, en vertu du principe constitutionnel, "grâce à sa politique financière prudente et prévoyante, tout en faisant face aux besoins actuels".

Avant clôture, et pour la deuxième année de suite, le compte de résultats est déficitaire (-3,7 millions, après -26,8 millions). En fonction des besoins de provisionnement, notamment pour l’Hôpital fribourgeois (HFR), l’équilibre n’est atteint qu'en recourant à la fortune, avec un prélèvement de 30 millions en particulier dans la provision BNS.

Assainissement

Les comptes confirment le "changement de paradigme" détecté dès l’an passé et l’apparition d’un déficit structurel, a indiqué Jean-Pierre Siggen. Le plan financier 2025-2028 a démontré une "amplification rapide et délicate" des excédents de charges. La contribution de la part de la BNS pour 2025 ne remet pas en cause les projections.

Négatives, les perspectives financières, auxquelles s’ajoute le programme d'économies de la Confédération, confortent le Conseil d’Etat dans ses anticipations et la décision d’établir un programme d’assainissement. Celui-ci doit assurer la "maîtrise des finances et permettre d’assumer les défis majeurs des années à venir".

Le programme est attendu dans quelques semaines. Et une dégradation des perspectives n'est pas exclue. Les tensions géopolitiques, avec des conflits armés en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, sans oublier les risques de guerres commerciales entre les grands blocs, génèrent un "niveau d’incertitudes majeur", a averti le ministre.

Fiscalité cantonale

Du côté des revenus, en hausse de 2,4% par rapport au budget, les produits de la fiscalité cantonale dépassent de 2,5% les prévisions (+37,4 millions de francs). La progression s'explique notamment par les impôts sur les personnes physiques (+25,7 millions), l’impôt à la source et le produit de l’impôt sur les gains en capital.

Les ressources de la péréquation fédérale sont dans la "cible" des prévisions, avec 619,2 millions. Comme prévu au budget, à l'instar de 2023, le canton n’a reçu aucun versement de la Banque nationale suisse (BNS). La provision Covid-19 a été en grande partie dissoute (pour 9,5 millions), vu la large disparition des risques sanitaires.

Les charges présentent pour leur part aussi une hausse de 2,4%, dont +0,8% pour les charges de personnel. La variation des financements spéciaux (+57 millions) est due principalement au renforcement de la provision pour l’assainissement de l’HFR (+25 millions) et de celle pour les risques liés à l’activité hospitalière (+13 millions).

Fonte de la fortune

Le compte d’investissements présente à nouveau une insuffisance de financement élevée, avec 70,2 millions, soit une aggravation de plus de 17 millions par rapport à 2023. Le taux d’autofinancement obtenu en 2024, 66,8%, est pour la seconde année consécutive nettement inférieur à la norme de 80% en période de conjoncture favorable.

Ce qui implique un recours "très soutenu" aux moyens financiers de l’Etat. Le volume des investissements a atteint 253,8 millions, soit un montant historique et légèrement supérieur à l’exercice précédent. Ce qui rappelle la "politique ambitieuse que continue de mener le gouvernement vis-à-vis des infrastructures".

Le recours récurrent à la fortune, qui est totalement affectée, a induit une chute de moitié de celle-ci en l'espace de six ans. A fin 2024, elle s'élevait ainsi à 590,6 millions de francs, contre 807,5 millions un an plus tôt et encore 1,16 milliard à fin 2018. Le montant équivaut à 1729 francs nets par habitant.

ATS
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